Parmi les breaks, les compacts sont de ceux qui ont conservé le goût du labeur. Ils font d’abord valoir leur volume de chargement et leurs aspects pratiques, quand ceux de la catégorie supérieure cherchent à jouer les coupés en dépit du sens commun. Lancé quelques mois après la berline (lire notre comparatif Volkswagen Golf Mercedes Classe A), le nouveau Golf SW ne manque pas à ce devoir, et frappe même un grand coup.
En s’offrant 105 litres de volume de coffre de plus que son prédécesseur, le break allemand figure en effet parmi les plus logeables de la catégorie banquette en place. Il n’y a guère que son cousin Skoda Octavia pour lui faire la leçon, avec 610 litres, soit seulement 5 litres de plus. Les autres concurrents sont loin derrière : le plus généreux d’entre eux est le Kia Cee’d SW, qui ne dispose que de 528 litres. Lorsque sa banquette est rabattue, le tchèque soigne son avantage et revendique 1.720 litres, soit 100 litres de plus que l’Allemand et 85 litres de plus que le Coréen. Son mérite est cependant discutable : il ne doit sa supériorité qu’à son gabarit (4,66 m), qui tutoie le segment supérieur. Long de 4,56 m, le Golf a su limiter l’inflation de ses dimensions et ne gagne que 3 petits centimètres par rapport à son prédécesseur. La palme du volume échoit cependant au Peugeot 308 SW en fin de carrière, qui met tout ce petit monde d’accord grâce à ses 2.149 litres, obtenus grâce à ses sièges amovibles.
La capacité n’est pas la seule arme du Golf SW. Il offre également la plupart des facilités d’aménagement que l’on pourrait rêver d’un break, à commencer par un volume de chargement régulier et un seuil de coffre bas. Il profite en plus d’une banquette rabattable en plancher presque plat, tout comme la berline. Il ajoute à ces fondamentaux quelques astuces qui facilitent le quotidien : citons le siège passager rabattable en tablette (en option, indisponible avec les sièges sport et en finition Carat), et des tirettes permettant de rabattre la banquette depuis le coffre : très pratique ! Comme si cela ne suffisait pas, il intègre sous le plancher des rangements dédiés pour le cache bagage et le filet de séparation. Le Golf SW est tout simplement le seul de sa catégorie à réunir tous ces perfectionnements... avec la Skoda Octavia Combi. Seule manque à l’appel la barre de rangement coulissante sur rails, que proposent le Kia Cee’d SW et l’Opel Astra SW. Un privilège que Volkswagen a sans doute voulu réserver à la Passat. Enfin, l’habitabilité à l’arrière apparaît digne d’une familiale : trois adultes prennent place sans difficulté sur la banquette. L’aisance aux genoux convainc, de même que la garde au toit. Votre serviteur a même pu y trouver place sans quitter chapeau !
Du point de vue pratique, le Golf SW remplit donc son contrat. Il s’offre également le luxe de soigner son style. Par rapport à son prédécesseur, carrément banal, le Golf VII SW affiche nettement plus de prestance. Avec quelques angles bien choisis, Volkswagen est parvenu à donner un peu de dynamisme à sa ligne. On remarque notamment la fameuse découpe caractéristique du pied de custode repris de la berline ainsi que le dessin beaucoup plus affiné des feux arrière, désormais en deux parties. Remplis d’autosatisfaction, les designers de la marque affirment même qu’il est le plus réussi de toute l’histoire de Volkswagen. Dans l’habitacle, on retrouve la qualité de finition impeccable qui caractérise la Golf, particulièrement dans notre version Carat.
Sur notre parcours d’essai hollandais particulièrement ingrat, il ne nous a pas été possible de déceler de différence avec la berline en matière de comportement routier, en dépit des 96 kg supplémentaires revendiqués par le break. Equipé de l’amortissement piloté DCC et de l’essieu multibras, notre modèle d’essai faisait preuve du même confort. Il est vrai que l’empattement de 2,63 m de long est identique. Notre modèle équipé du Diesel 2.0 TDI 150 ch souffrait des mêmes défauts que la berline, à savoir une transmission manuelle à 6 rapports trop longue, qui ne permettait pas d’exploiter la cavalerie. Nous n’avons pas non plus été en mesure de relever une consommation réaliste : Volkswagen annonce 4,2 litres aux 100 km en cycle mixte, soit 0,1 litre de plus que la berline.
olkswagen facture le surcoût de la carrosserie break 790 €, ce qui place notre modèle TDI 150 ch Carat à 31.130 €. Le cœur de gamme que constitue la version 1.6 TDI 105 ch Confortline est proposé à 26.560 €. Un tarif qui la place légèrement au-dessus de la moyenne du segment. La Renault Mégane Estate dCi 110 ch « Zen » réclame 25.560 € et la Kia Cee’d SW Active 23.650 €. Quant à son meilleur ennemi, le Skoda Octavia Combi, celui-ci est proposé 24.790 €. La Golf compense cependant son tarif grâce à son équipement de série plutôt complet. Les modèles Confortline sont en effet équipés d’office de l’aide au stationnement, des jantes alliage de 16 pouces, du volant cuir multifonction, des projecteurs antibrouillard, de l’écran tactile de 5,8 pouces et bien sûr du fameux freinage multi-collision qui équipe toutes les Golf. La Renault n’en offre pas tant puisqu’elle ne dispose ni de l’écran multimédia, ni de l’aide au stationnement. Même les Skoda et Kia n’en offrent pas tant.
Si la supériorité sans cesse proclamée de la Golf VII berline sur ses concurrentes peut être discutée, difficile de contester à la variante SW le statut de référence. Son coffre logeable et surtout très bien aménagé, son esthétique plutôt séduisante et son équipement plutôt généreux en font un incontournable parmi les breaks compacts.