Modification des véhicules essence à l'aide d'un kit Superéthanol ou d'une reprogrammation Superéthanol
La modification d'un véhicule fonctionnant au SP95/98 touche surtout à l'avancement du point d'avance à l'allumage (+4° angulaire avec 100 % de E85), mais aussi au débit des injecteurs et au taux de compression à revoir à la hausse. Une élévation de la pression dans les cylindres est possible grâce à l'indice d'octane plus élevé de ce carburant qui atteint 106: ce qui a pour effet d'augmenter le rendement thermique du moteur, donc son rendement global et fait donc chuter d'autant la consommation spécifique du moteur. Cependant, et malgré le discours des constructeurs, la quasi-totalité des véhicules à essence injection fonctionnent sans anomalie et sans modification jusqu'à au moins 30 % de E85. Certains véhicules10 sont utilisés par leurs propriétaires avec 100 % de E85 sans modification, comme la Toyota Prius, bien qu'elle ne soit pas homologuée pour ce carburant, quelle que soit la génération (Prius I, II, III)11.
Il existe de nombreux kits12 assurant la conversion des véhicules classiques roulant à l'essence. La majorité des véhicules récents (produits après 2000) ont un circuit de carburation prévu pour résister à un certain taux de Superéthanol (durits, réservoirs et autres conducteurs du mélange compatibles). Cela permet à ces véhicules de pouvoir utiliser le nouveau carburant E10 sans modification. Grâce à ces kits, ils peuvent être convertis à l'utilisation du E85. Sous réserve de fiabilité à long terme non garantie, n'importe quel véhicule à essence équipé d'un système d'injection avec régulation lambda (sonde « à oxygène » disposée sur la ligne d'échappement) peut fonctionner avec une certaine proportion d'E85 : de nombreux essais empiriques font état de véhicules du début des années 1990 à injection électronique fonctionnant sans à-coups ni problème jusqu’à un taux de 50 % d'E85. Les désagréments constatés pour des taux similaires ou plus élevés encore sont surtout perceptibles moteur froid ou par temps humide (moteur qui « cale » après démarrage, instabilité du ralenti et à-coups en fonctionnement à charges partielles).
Ces modifications ne disposent d'aucun cadre réglementaire. La direction régionale de l'Industrie, de la Recherche et de l'Environnement (DRIRE), chargée de valider de telles transformations, refuse de créer une procédure de réception pour les véhicules modifiés, au même titre qu'avec les kits GPL. Toutefois, un décret sur l'homologation de ces kits devrait être publié en avril 2017.
Il est à noter cependant qu'une différence fondamentale existe entre ces kits E85 et les kits GPL : la nécessité de détecter la teneur en éthanol du mélange, d'assurer la compatibilité matériaux, de valider la compatibilité du système de post-traitement, d'adapter les stratégies de contrôle moteur (phasage injection, temps d'injection, avance à l'allumage) font qu'un véhicule flexible ne peut en aucun cas être considéré comme un véhicule classique auquel on a ajouté un kit E85, alors que c'est le cas pour les véhicules GPL. Un véhicule Flexible de deuxième monte pourrait, selon certaines personnes, se montrer dangereux.
Depuis 2007, l'on peut trouver sur Internet, notamment sur des sites spécialisés, des internautes roulant de 10 à 100 % de E85 sans modification14. D'après ces derniers, ces véhicules sont toujours en état de marche à l'heure actuelle. Il faut noter que l'utilisation du E85 dans des voitures non adaptées est sous l'entière responsabilité de l'usager.
En termes de coût d'utilisation (prix du carburant au kilomètre et prix de l'entretien périodique) ainsi que de pollution générée (principalement les oxydes d'azote), la décision d'acquérir un véhicule roulant à l'E85 plutôt qu'au gazole s'avère plus avantageuse sur tous les points. En effet, l'entretien d'un véhicule diesel est plus fréquent et plus onéreux (davantage de filtres à remplacer, etc.) : le surcoût est estimé entre 20 % et 30 % supplémentaires.
A mes souhaits...
